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Les étudiants doivent ils faire voeu de pauvreté ?

Un communiqué du collectif des étudiants en travail social de l'IRTS de Poitiers


La colère des étudiants en travail social de l'IRTS de Poitou Charentes. Organisé en collectif ils viennent d'écrire au élus locaux et nationaux ainsi qu'aux représentants de l'administration. L'ANAS Soutient leurs démarches qui sont en totale cohérence avec les revendications de l'Association.



Les étudiants doivent ils faire voeu de pauvreté ?
Comme l'a annoncé l'observatoire de la vie étudiante en annonçant que plus de 100 000 étudiants vivaient en dessous du seuil de pauvreté, nous pouvons vous confirmer que sur les terres de Raffarin aussi les étudiants se précarisent. C'est pourquoi et dans un contexte social plus difficile que jamais, nous, étudiants de l’Institut Régional du Travail Social, futurs travailleurs sociaux, sommes soucieux quant à l’avenir de notre secteur d’activité et en particulier quant à la qualité de notre formation.

En effet, nous en avons assez de nous retrouver plus accaparés par nos soucis financiers que par nos études ! L’augmentation des promotions, les professionnels débordés, les terrains de stages trouvés en urgences font plonger nos budgets déjà bancals !

C’est pourquoi, les étudiants ont affirmé leur volonté d’agir lors d’une assemblée générale le mercredi 3 septembre 2003. Et nous avons décidé, après réflexion et débat sur nos conditions de formation et de travail, de questionner les pouvoirs publics et les collectivités territoriales compétentes sur ces questions :

- Comment résoudre le problème lié à la précarisation des étudiants (travailleurs en formation) ?
En effet, comment financer le logement, les frais de formation, les frais des stages, qui peuvent avoir lieu partout en Région, alors que le revenu moyen d’un étudiant atteint à peine le RMI ? Même si nous savons faire preuve d’une grande solidarité, il nous est de plus en plus difficile d’équilibrer nos budgets et donc de concentrer toute l’énergie sur la formation.

- Comment valoriser la fonction de référent du stagiaire en formation ?
En effet, nos référents participent de manière active à notre formation pratique mais n’ont aucune reconnaissance. Les travailleurs sociaux connaissent l’importance de ces stages et en mesurent toute la responsabilité. Malgré les réalités du terrain, ils font de gros efforts pour nous accueillir, qui mériteraient d’être prise en compte.

- Pourquoi ne pas reconnaître nos diplômes à leur juste valeur ?
En effet, nous souhaitons que nos stages qui sont considérés comme temps de formation obligatoire, soient comptabilisés, nous voulons que les diplômes d’état en trois ans soient homologués au niveau licence.

Ces questions ont été posées dans un courrier à :

Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre des Affaires Sociales,
Madame la Présidente du Conseil Régional Poitou-Charentes,
Messieurs les Présidents des Conseils Généraux 16, 17, 79, 86,
Monsieur le Préfet de la Région Poitou-Charentes,
Monsieur le Directeur de la DRASS Poitou-Charentes et autres organismes et instituts compétents.
Mesdames, Messieurs les Députés de la Région Poitou-Charentes
Messieurs les Sénateurs de la Région Poitou-Charentes

Nous les avons invités à nous proposer une rencontre afin de trouver des solutions par le dialogue. Les étudiants n’en resteront pas là si ces responsables politiques décidaient de ne pas prendre leurs responsabilités.

Aujourd’hui, nous appelons tous nos collègues à soutenir notre démarche d’amélioration des conditions de travail des étudiants en travail social et des travailleurs sociaux. Toutes personne souhaitant être informé de notre démarche ou qui voudrait nous signifier son soutien peux nous écrire par email : collectif.etudiantirts@laposte.net ou nous écrire à : coordination étudiante de l’IRTS Poitou-Charentes – 1, rue Guynemer – 86005 POITIERS CEDEX.


La réponse de l'ANAS :

Chers futurs collègues,

Je vous remercie de m'avoir transmis les informations sur votre mouvement. Je suis convaincu que vous posez les bonnes questions a travers le courrier que vous avez rédigé.

Nous participons au titre de l'ANAS à la dernière réunion programmée au ministère du comité de pilotage sur la réforme des études et du Diplôme d'Etat d'assistant de service social (DEASS). Je m'engage à distribuer et à communiquer votre courrier à la Direction Générale de l'Action Sociale au cours de cette réunion qui va être décisive quant à la réforme des études. Bien évidemment vos revendications rejoignent les notres notamment :

- La question du coût des études et des frais à engager pour les étudiants.

- la reconnaissance des lieux de stage appelés dans la réforme sites qualifiants : les lieux de stage vont être revalorisés mais pour autant la question des moyens n'est à aucun moment posée. Les "référents" de stage appelés formateurs de stage n'ont aucune reconnaissance particulière. Ils ont des obligations de formation, et d'accueil mais doivent s'engager dans la plupart des cas sans allègement de leur travail, d'où un risque de démobilisation important. Je profite de l'occasion pour vous préciser que nous engageons nos adhérents à systématiquement accueillir des étudiants dès lors qu'ils disposent d'un minimum de moyens pour le faire : formation mais aussi bureau permettant de les accuellir. Accueillir un étudiant et l'accompagner dans son cursus de formation ne s'improvise pas. Il faut du temps de coordination, de formation et une réelle disponibilité ce qui n'est
malheureusement pas toujours le cas.

- La revendication de la reconnaissance du niveau des études au niveau licence : c'est aussi une revendication que nous portons depuis longtemps. Nous espérons que l'obligation de mise aux normes européennes obligera les pouvoirs publics à le faire. Pour autant rien n'est acquis et le ministère refuse toujours cette revendication à cause des conséquences statutaires et financières que cela provoquera dans les collectivités publiques. Pourtant les infirmières, les enseignants et les policiers (!) ont obtenu satisfaction alors qu'ils sont plus nombreux que nous. Ils deviennent cadre A dans l'admnistration c'est à dire reconnus au niveau licence avec le même nombre d'années d'études que nous. Ce combat continue et il faudra bien qu'il aboutisse. C'est pourquoi la remise en cause du mémoire de fin d'étude comme n'étant plus central et incomplet(cf articles sur le site) pourrait à l'avenir permettre de justifier la non reconnaissance d'un niveau licence. Même si l'administration s'en défend, nous percevons là un piège. le groupe de travail n'étant pas unanime sur cette question celle ci devrait être tranché par le ministre et son secrétariat général. Et nous craignons bien sûr une décision qui nous soit défavorable.

Soyez asssurés de notre soutien.

Bien Cordialement

Didier Dubasque
Président de l'ANAS

Samedi 11 Septembre 2004



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