Association nationale des assistants de service social

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La lettre de l'AIFRIS n°42 MAI 2020




La lettre de l'AIFRIS n°42 MAI 2020
Edito:
Entre ici et maintenant et le doute de pouvoir être demain!


Nous ne pouvons envisager l’AIFRIS sans considérer ce que le genre humain et le travail social vivent aujourd’hui. La planète entière est concernée par le même problème et œuvre à traiter la même cause, le COVID-19  ! 
Chaque individu citoyen est invité à être solidaire, vigilant, discipliné, et ce quel que soit son statut, le confinement est de RIGUEUR !

Ici et maintenant, tous confinés. Pour une grande part d’entre nous, la vie professionnelle ne s’arrête pas, soit parce que nous sommes reconnus comme des acteurs essentiels et de première ligne dans le traitement médical et social de la pandémie, soit parce que le maintien de notre activité de service nécessite (parfois indûment) une exposition aux risques de contamination, ou encore parce que nos conditions d’exercice de travail favorisent l’injonction à une continuité de service à distance.
Fort de sa résilience, chacun se met en œuvre autrement, avec abnégation, créativité, sens du devoir, … mais certainement aussi avec la certitude que tout cela ne peut laisser que la trace d’une opportunité à saisir par le genre humain pour s’affranchir et s’élever dans quelque chose à vivre autrement !

Ici et maintenant nous poursuivons chacun notre engagement, même si l’horizon est annoncé «menaçant » par certains experts, nous continuons de nous projeter pour participer au progrès du
travail social.
Ici et maintenant, projetés dans une autre dimension organisationnelle nous poursuivons notre travail, non sans difficulté, car dans l’adversité nous apprenons contraints à pratiquer autrement et à atteindre nos objectifs avec autant de qualité !

C’est ce que font les travailleurs sociaux, plus sollicités que jamais encore aujourd’hui dans le cadre de cette pandémie, ils démontrent pour la énième fois la nécessité de mettre en œuvre des politiques permettant d’anticiper et de prévenir pour ne pas devoir répondre dans l’urgence !

Les professionnels sont des acteurs institutionnels et politiques engagés !

Ici et maintenant les professionnels travaillent pour dire, dénoncer et mettre au jour un bien fait pour l’humanité ! Ici et maintenant les travailleurs sociaux poursuivent leur engagement. Leurs observations sont « dantesques », nous l’avons d’abord observé dans le chef des soignants parce que évident au regard d’une crise sanitaire qui met le focus sur le médical, mais également au regard de la vigilance et l’investissement des travailleurs sociaux qui se trouvent aussi en première ligne dans différents secteurs dont les plus vulnérables et les plus précarisés, travaillant sans relâche et se mettant parfois en danger... Les professionnels du secteur psychosocial et social ont également très vite porté la détresse de plus en plus conséquente qui s’exprime parmi les différentes précarités subies par les usagers.

Le propos n’a pas pour objectif ici d’accuser, ni de dénoncer et certainement pas de condamner qui que ce soit, mais il semble utile de nous inviter réciproquement à initier une réflexion
encourageant à apprendre ensemble de cette expérience (acteurs sociaux, usagers, décideurs …) pour, nous le souhaitons, s’engager dans une pratique de société et de l’humain autrement !

Cette crise du COVID-19 génère des effets très délétères tant à l’égard des usagers que des professionnels.

Projetés dans une autre dimension organisationnelle, les travailleurs sociaux poursuivent leur travail de soutien et d’accompagnement. Ils décrivent une réalité sociale bien connue de nos sociétés « modernes » laquelle s’exprime de manière plus forte aujourd’hui. Ils craignent, expliquent et « prédisent » que les personnes les plus précarisées sont encore plus menacées. La crise du COVID-19 exacerbe les réalités parfois déjà catastrophiques des usagers des différents services sociaux dont ils peuvent bénéficier de soutiens au quotidien. Cette crise agit comme un révélateur insistant sur la gravité de leur situation, dont on sait que la pratique de la débrouille permettait à la plupart de « rester debout », mais là … !

Il faudra bien le dire !

Ici et maintenant la préparation du prochain congrès de l’AIFRIS se poursuit. A Beyrouth, en juillet 2019, la mission a été confiée aux partenaires belges de l'ABFRIS d'organiser le prochain Congrès international, à Bruxelles en juillet 2021.
Les travaux ont démarré, tant au niveau belge qu'au niveau international, autour de l'ambitieuse thématique "Paroles, expertises et participation des usagers : rendre visible l'invisible".
Le contexte actuel pose avec acuité la question des leviers et des freins à la prise en compte des intérêts des acteurs de première ligne dans l'intervention sociale.

Au niveau belge, de nouveaux acteurs issus des milieux professionnels ont rejoint les travaux de l'association et des contacts ont été concluants avec les représentants de collectifs d'usagers des différents secteurs de l'intervention sociale.

Le congrès de l’AIFRIS 2021 donne la parole aux usagers et aux professionnels. La pandémie actuelle renforce l’intérêt de ce choix, l’humain apprend-il uniquement lorsqu’il se retrouve menacé ou dos au mur pour mieux penser son prochain et le futur de l’humanité ?
L’AIFRIS a exprimé sa volonté de donner un caractère plus « politique » a son travail au regard de la société et des acteurs décideurs ! Le congrès peut être un des premiers moments internationaux de croisement des savoirs réflexifs et expérientiels à nourrir et à développer dans l’après COVID-19.

L’incertitude ne peut être un obstacle !
Nul peut dire avec exactitude de quoi sera fait demain, les nombreux scientifiques le répètent régulièrement, ils n’ont pas de réponse pour tout, ils invitent à l’humilité et à la capacité d’être civiquement et humainement présent et/ou acteur de cette réalité. Les virologues nous annoncent que nous allons devoir apprendre à vivre avec ce virus pendant de nombreux mois, cela veut donc dire que le COVID-19 sera donc probablement toujours notre hôte en juillet 2021, mais quoiqu’il en soit, il sera reçu tel un élément de contexte, une donnée dont nous tiendront compte pour poursuivre notre engagement dans le cadre des activités de l’AIFRIS !

Le congrès nous offre ici une occasion unique, à la sortie de la crise et nous l’espérons du confinement, de pouvoir comme partout ailleurs sur la planète questionner la dimension organisationnelle qui a concerné chaque humain dans le cadre de cette crise. Les premiers concernés, usagers et professionnels, doivent pouvoir occuper cette vitrine.

Plus concrètement, nous poursuivons donc notre tâche à la mise en œuvre du congrès. Le comité scientifique belge a été à l'initiative d'un premier travail de co-écrite autour de l'appel à contributions. Le travail se poursuit en collaboration étroite avec certains membres du comité scientifique permanent (CSP). Les riches débats concernent notamment un des enjeux du prochain Congrès, à savoir celui de s'ouvrir à des formats de contributions qui permettent de renforcer les collaborations entre acteurs issus des différents piliers (chercheurs, formateurs, milieux professionnels et collectifs d'usagers).

Les espaces de tenue du congrès sont identifiés. Bien que le temps soit suspendu pour tous et que les préoccupations de chacun soient plus liées au maintien de leur organisation propre, nous poursuivrons les sollicitations nécessaires. La crise sanitaire à laquelle nous faisons tous face fait toutefois planer de nombreuses incertitudes sur les contours et perspectives d'organisation du prochain Congrès dans la mesure où les règles de distanciation physique et sociale risquent de fortement contrarier les possibilités de voyage et d'échanges nécessaires à notre Congrès...
Nous continuons cependant à travailler dans la perspective d’un congrès de l’AIFRIS à Bruxelles qui doit pouvoir réunir en présence physique et en un même lieu, les usagers, les professionnels, les
chercheurs et les enseignants.
Si juillet 2021 ne nous le permet pas, alors nous aviserons, mais dans l’attente nous devons maintenir le lien et développer un partage international dans une forme inédite, différente, qui puisse sauvegarder notre volonté de partager, croiser nos expertises et nos constructions de savoirs et projets futurs.

Le prochain congrès de l’AIFRIS aura bien lieu à Bruxelles, que ce soit en 2021 ou après !

Lyazid Hassaini,
Vice-Président du Bureau,
Comité d'organisation du 9ème congrès
Aline Bingen,
Vice-Présidente du CSP,
Comité d'organisation du 9ème congrès
Valérie Desomer ,
Représentante des professionnels à l’ABFRIS,
Membre du CSP;
Comité d'organisation du 9ème congrès



La lettre est à retrouver sur le site de l'AIFRIS
let_n42.pdf LET_N42.pdf  (601.06 Ko)

Mardi 9 Juin 2020




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