Association nationale des assistants de service social

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Quel encadrement pour le service social ?




Une journée d'assistante sociale se compose d'une multitude de décisions et d'actions. Certaines revêtent une importance primordiale (signaler la situation d’un enfant en danger, soutenir une demande d'hébergement, entreprendre des démarches d'accès aux droits…) tandis que d'autres participent à la banalité des activités quotidiennes (planifier des tâches, proposer un entretien de suivi, répondre à une demande de statistiques…). Certains de ces processus engagent des projets à long terme alors que d'autres s'envisagent à brève échéance. Mais dans tous les cas, les assistantes sociales cherchent le juste équilibre entre leurs exigences professionnelles, le projet de service, le droit, le possible, l'utile, le nécessaire, l'intérêt des personnes accompagnées. Elles s’efforcent de les inscrire dans les temporalités administratives, judiciaires, psychiques ou médicales. Parce qu’elles savent les travers de la toute-puissance, elles mesurent l'intérêt de bénéficier d'un accompagnement éclairé afin de protéger les personnes aidées des limites de leurs connaissances et de leur subjectivité. Les assistantes sociales sont également soucieuses d’inscrire leur travail dans des logiques partenariales, caractérisées par l’ouverture au débat critique et aux dialogues multidisciplinaires.
 

Depuis quelques années, la reconnaissance du Diplôme d’Etat d’Assistant de Service Social au grade licence, acte l’ouverture des fonctions d’élaboration, de conception et d’encadrement à ces professionnelles, sans leur accorder de responsabilités nouvelles, ni d’autonomie de travail élargie. Au contraire, dans une volonté accrue de contrôle de leur activité, les institutions qui les emploient, affolées par un climat de crises permanentes ou influencées par les courants organisationnels contemporains, ne leur reconnaissent pas de réelles marges de manœuvre décisionnelle, alors que leur niveau de responsabilité s'accroît. Elles appliquent des logiques opérationnelles éloignées des valeurs éthiques et déontologiques, autour desquelles s’est développé le métier d’assistante sociale.  Celui-ci privilégie la confiance établie avec leurs interlocuteurs plutôt que l’intérêt de leurs employeurs. Les assistantes sociales se soucient davantage du bien être des publics, que des modes d’organisations. Les tensions générées par ces paradoxes déclenchent des mouvements d’insatisfaction et d’incertitude dans les services sociaux, qui alimentent la plainte autour de la perte de sens du travail social. 
 

L’encadrement en service social est-il souhaitable ? Est-il nécessaire ou indispensable ? Quelle sorte d’organisation aiderait les assistantes sociales dans leur travail ? Comment aider les assistantes sociales à assumer les responsabilités qui sont les leurs ? Les réponses en matière de soutien psychologique, de supervision, de formation et de conseil technique suffisent-elles à répondre à leurs besoins ? Quels éclairages proposer à des professionnelles présentes auprès d’individus ou de groupes éprouvés, et parfois broyés, par les évolutions sociétales et macro-économiques ? Comment le management peut-il les soutenir ? Comment concilier les exigences du travail social avec les impératifs des organisations contemporaines ? Le service social est-il soluble dans l’esprit entrepreneurial ? Pourquoi le management rencontre-t-il tant de difficultés à organiser le travail social ? Faut-il inventer un mode de gouvernement spécifique du travail social ? Sur quelles valeurs devrait-il se fonder ? Les professionnels sont-ils seuls capables d’évaluer leur travail ? Comment réintroduire de la clinique dans le bilan des services sociaux ? Comment reconnaître la valeur et les qualités des assistantes sociales sur le marché du travail ? Dans quelle mesure l’hyper féminisation du service social influence-t-elle son fonctionnement ?
 

Tout en demeurant ouvert aux suggestions des auteurs, ce numéro souhaite aborder :
 

  • Les spécificités des organisations actrices du service social
  • Le besoin d’accompagnement “éclairé” des assistantes sociales
  • La détermination des critères d’évaluation du service social (par qui ? Pourquoi ? dans quel objectif ?)
  • Les facteurs influençant le fonctionnement des services sociaux et médico-sociaux
  • La distinction entre autonomie et/ou indépendance du service social
  • La responsabilité décisionnelle des assistantes sociales
  • Les dynamiques internes à l’œuvre au sein des services sociaux
  • La distribution genrée des rôles et fonctions au sein des services sociaux
  • L’influence du genre sur la fonction d’encadrement d’équipes quasi exclusivement féminines
 

Coordinateurs : Christophe ANCHE, Isabelle BOISARD et Joran LE GALL (comite.redaction.rfss@anas.fr )
 

Calendrier : Réception des articles finalisés pour le 15 février 2020


Indications pour contributeurs disponibles sur la page de présentation de la revue.

Lundi 16 Novembre 2020




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