Association nationale des assistants de service social
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Appel national des étudiants en travail social du 21 et 22 septembre 2019


Réunis lors des rencontres nationales du travail social à Nanterre les 21 et 22 septembre 2019, des personnes étudiantes et formatrices étaient présentes et se sont réunies pour lancer un appel à l'action. Voici le texte qu'ils souhaitent diffuser



Appel national des étudiants en travail social du 21 et 22 septembre 2019
Nous, étudiant.e.s du travail social et formateurs.rices réuni.e.s dans le cadre de la « 3ème rencontres nationale travail social en lutte » appelons les étudiant.e.s et formateur.rices à se mobiliser contre les réformes en cours qui impactent le travail social.

Etudiant.e.s, nous subissons une précarité sociale durant notre formation. Nous assistons dans différentes régions à l’arrêt du cumul des bourses et du financement par Pole Emploi. Le fait que le travail social soit reconnu comme un métier sous tension est remis en question dans différentes régions, entraînant une réduction des accès du financement de la formation par Pole Emploi. Les conventions entre université et les écoles préparant au métier du social ne permettent qu’un accès très restreint aux services de la vie étudiante alors même que nous payons les droits universitaires ainsi que la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus).

Le montant de la gratification des stages ne permet pas de sortir de cette précarité étudiante. D’autant plus qu’elle est l’objet de nombreux contournements par le biais de stages plus courts ou séparés en deux périodes afin d’éviter de rentrer dans la réglementation obligeant la gratification du stage. Trop souvent, les étudiant.e.s galèrent à trouver des lieux de stage du fait du manque de financement des structures. Trop souvent, les étudiant.e.s servent de variables d’ajustement aux établissements lors des stages devant le manque chronique de personnels.
Ainsi, de nombreux.ses étudiant.e.s témoignent de difficultés financières grandissantes les obligeant dans le pire des cas à interrompre leur formation, à minima de vivre dans des conditions extrêmement précaires.

La réforme des diplômes du social s’accompagne de reculs sur nos droits étudiants. Cette réforme a vu la remise en question des rattrapages et du redoublement. Nous exigeons le droit au redoublement et nous sommes près à agir pour nous faire entendre sur cette question. Si un.e ou plusieur.e.s collègues ne valident pas un DC, ils doivent avoir le droit de pouvoir le repasser sans reprendre la formation des le début! A l’avenir elle va entraîner une mise en concurrence entre les travailleurs.euses sociaux doté.e.s de la nouvelle maquette des diplômes et les autres, du fait d’une reconnaissance différente de nos diplômes. Cela va impacter les collectifs de travail. De plus, les organisations patronales organisent depuis des années la casse de nos conventions collectives qui nous garantissent encore des droits. L’objectif du gouvernement, c’est de développer une formation axée sur un porte-feuille de compétences qui individualise nos diplômes et dégrade le sens du métier de travailleur.euse social.
La mise en place de Parcoursup ne résoudra pas le problème de la désaffection des formations en travail social si elle ne s’accompagne pas de moyens supplémentaires.

Nous n’acceptons pas la dégradation du sens de notre métier. A l’image de nos futurs collègues, nous avons choisi ce métier et cette formation pour des valeurs que nous partageons.
Nous constatons une dégradation de la qualité des formations. Le contenu de celle-ci s’adapte lui aussi à la marchandisation rampante du social. Les intervenant-e-s vivent d’ailleurs eux aussi une instabilité et un roulement épuisant qui se répercutent sur la qualité des interventions. Un décalage entre les contenus lors de la formation et la réalité du terrain s’accentue de plus en plus.

La libéralisation du secteur social et médico-social, qui s’illustre par la mise en concurrence des structures du travail social avec les appels d’offre par exemple, transforme le secteur social en marché économique comme un autre. La réduction des financements des services publics : dans la santé, les collectivités territoriales, le médico-social etc... impacte nos conditions de travail ainsi que la prise en charge des publics que nous accueillons. Notre métier est dévoyé. Si nous n’agissons pas, les travailleurs.euses sociaux deviendront de simples gestionnaires administratifs !

Nous appelons les étudiant.e.s et formateur.trices d’école du travail social à s’organiser par école, à se mobiliser, à se coordonner en lien avec les travailleurs.euses du social en lutte.

 

[Complément d'information] Pour soutenir les demandes concernant la situation des étudiants qui n'auraient pas validé l'un des DC des épreuves de 2020, une étudiante a lancé une pétition :
 


Jeudi 26 Septembre 2019




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