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l'ANAS soutient l'appel des "délinquants de la solidarité"


Lundi 6 octobre 2003, à la Bourse du Travail de Paris, des citoyens «ordinaires», et d'autres renommés dans leur art, leur métier, leurs responsabilités politiques ou associatives, appellent à un rassemblement de tous ceux pour qui la solidarité envers les étrangers, qu'ils aient ou non des papiers, loin d'être un délit, est un devoir.



l'ANAS soutient l'appel des "délinquants de la solidarité"
Plus de 15000 personnes ont signé le « Manifeste des délinquants de la solidarité », ainsi que 322 organisations. Tous et toutes protestent contre une logique d'Etat qui tend à rendre tout étranger suspect dans chacun de ses gestes : suspect de chercher à s'établir en France s'il vient visiter des parents ou des amis, suspect d'un mariage de complaisance si il ou elle épouse un ou une Français(e), suspect de faire des enfants uniquement dans le but de jouir de droits, suspect d'abus ou de fraude s'il est malade, suspect d'être complice de son employeur s'il est contraint à travailler « au noir », suspect de détourner le droit d'asile s'il réclame le statut de réfugié…

Par voie de conséquence, les citoyens qui vivent avec des étrangers, ou qui accueillent et aident des étrangers, se voient montrés du doigt, entravés dans leur vie quotidienne ou dans leurs actions militantes ou humanitaires.

Non, nous ne demandons pas leurs papiers aux personnes que nous côtoyons. Nous ne vérifions pas que ceux qui s'adressent à nous sont en situation régulière. Nous avons aidé des sans-papiers, nous continuerons à le faire. Et nous serons amenés à le faire de plus en plus puisque la loi fabriquera de plus en plus de sans-papiers et de personnes privées de droits.

L'Etat ne saura exiger de nous que nous nous comportions en délateurs et que nous nous détournions des étrangers qui demandent notre aide.

Le projet de réforme de la loi sur l'entrée et le séjour des étrangers, voté en première lecture, avec des amendements encore plus répressifs, à l'Assemblée nationale, va entrer en discussion au Sénat le 8 octobre.
Nous appelons tous ceux qui se réclament d'un Etat de droit et qui veulent vivre dans un pays soucieux d'hospitalité et de solidarité à s'élever contre ce texte, et les autres à venir, qui mettent gravement en péril le nécessaire devoir de solidarité.

Rassemblement à la Bourse du Travail (salle Eugène Henaff, 29 boulevard
du Temple), lundi 6 octobre 2003 de 18 à 22 heures

- pour manifester notre solidarité avec les étrangers et les sans-papiers,
- pour dénoncer les nouveaux projets de loi en discussion au Sénat.

Samedi 4 Octobre 2003
Dubasque