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Protection de l'enfance : les a.s. en première ligne


Suite à l’affaire du quartier de la montagne verte à Strasbourg(1), une équipe de travailleurs sociaux d'un CMS dans le département de l’Ain a souhaité manifester son soutien aux collègues concernées et faire part de leur colère face à l’exploitation médiatique qui en a été faite.



Protection de l'enfance : les a.s. en première ligne
« Mais que veut-on nous faire croire ?» déclarent nos collègues « que nous vivons dans un monde d’amour de partage et de solidarité ? Tout à coup on a l’air de découvrir que les rapports humains peuvent être d’une violence barbare et insoutenable, comme Coluche nous a fait découvrir qu’il y a des gens qui ont faim et la canicule qu’il y a des personnes âgées isolées dans notre société ! »

"Naïveté, indifférence banalisation de la violence au point de repousser les limites de notre tolérance et d’accepter toujours plus…

Sur le terrain nous savons trop bien que la violence n’est pas une fatalité mais constitutive des rapports humains.

La réalité de ces faits divers est aussi insoutenable parce qu’elle nous rappelle que nous ne sommes pas « tout puissant » et qu’en tant qu’êtres humains nous avons nos limites dans la contenance de ces violences mais pas dans leur déchaînement.

Il faut donc désigner un coupable ! Mais que font les services sociaux ?

Personnel mandaté pour « protéger » « aider », « soulager », « dénoncer », ce paravent social ne doit pas dédouaner chaque citoyen de ses propres responsabilités et de son devoir civique.

Faut-il rappeler que la violence est partout ? Pourquoi ne pas dénoncer aussi d’autres formes de violences, et accepter de regarder la réalité en face, une réalité ô combien présente et quotidienne. (situations sociales de plus en plus précaires, exclusion, absence d’emploi, sans compter le poids et le regard que nos interventions peuvent provoquer ) !

Nous espérons que nos collègues n’auront pas à faire porter les frais d’un phénomène qui ne leur appartient pas complètement mais où tout un chacun a sa part de responsabilité.

Nous comptons sur l’ANAS pour se faire porte parole des manifestations de soutien que ces faits divers, nous l’espérons ne manqueront pas de soulever"

Les collègues travailleurs médico-sociaux d’un secteur de Bourg en Bresse

(1) dans la même semaine 2 enfants d’un même quartier sont morts victimes de violences familiales (10 oct 2003) aussitôt les assistantes sociales ont été accusées par 2 associations de défense des enfants maltraités de ne pas avoir agit suffisamment rapidement. Finalement il a été reconnu qu’elles avaient agi à la mesure des faits qui étaient portés à leur connaissance

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Notre réponse aux collègues de Bourg en Bresse : "Vous pouvez compter sur nous !"

Mercredi 26 Novembre 2003
Dubasque