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L’USURE ou BURNT OUT DES TRAVAILLEURS SOCIAUX à l'Etude avec l'ANAS


L’usure des professionnels du social est révélatrice des questions de société quelque soit le pays.
Un travail a été mené par l’ANAS avec le soutien de l’Observatoire de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale, en France, travail qui a porté sur 9 pays européens et élaboré avec Carole Dane . Il en ressort les aspects essentiels exposés, en résumé ci-dessous.



L’USURE ou BURNT OUT  DES TRAVAILLEURS SOCIAUX à l'Etude avec l'ANAS
Ce travail sera restitué aux associations de travailleurs sociaux membres de la FITS Europe (1) qui se réuniront en assemblée générale à Porto au Portugal.

L’exercice du Travail Social a évolué au cours de ces 5 dernières années en lien avec les politiques nationale et la politique européenne.. Cette étude a fait l’objet d’une enquête sous forme de questionnaires, l’Espagne a contribué très fortement (45 questionnaires d'associations professionnelles de ce pays ont été renvoyé à l’ANAS)

Le Président actuel de la FITS (IFSW),et le Président honoraire de l’Association Internationale des éducateurs sociaux (AIEJI) ont été des soutiens importants

Résumé :

Méthodologie de Recherche :
L’équipe de recherche de l’ANAS a rédigé un questionnaire en direction des Associations professionnelles dont les 2 axes de recherche sont l’exercice du travail social et la psychopathologie .

Les conclusions de ce travail font l’objet de 2 parties :
- Les souffrances des travailleurs sociaux comme objet de recherche,
- Les explications et les stratégies de prévention.


- I - Les souffrances des travailleurs sociaux comme objet de recherche

Le terme "burn-out" utilisé également en français, indique presque partout une phase avancée d’usure et d’épuisement conséquence d’un stress chronique qui s’installe par étapes. L’idée d’un véritable syndrome est mis en évidence par le médecin psychothérapeute belge Michel DELBROUCK selon lui le mot syndrome est utilisé en espagnol comme en anglais. Le burn-out constitue un faisceau de symptômes renvoyant à la définition du phénomène proposé au début des année 1980 par la psychologue américaine, Christina MASLACH :
- épuisement émotionnel
- dépersonnalisation ou déshumanisation de la relation à l’autre
- sentiment d’incompétence, voire d’échec professionnel.

Dans les réponses au questionnaire, les travailleurs sociaux reconnaissent effectivement le burn-out à travers une séries de symptômes essentiellement psycho-sociaux pouvant basculer vers le psychosomatique (maux de tête, problèmes respiratoires et gastro-intestinaux … voire des maladies graves (dépression, maladies cardiaques…) Sont employés selon les pays les termes impuissance, anxiété, grande fatigue épuisement démotivation. Le burn-out renvoie dans tous les pays à l’idée de souffrance. Toutefois on peut considérer que ce n’est pas tant la souffrance elle-même qui pose problème, que le déni de cette souffrance ou le sentiment d’impuissance face à elle.

L’usure des travailleurs sociaux n’est pas seulement une question humaine mais également une préoccupation économique et gestionnaire.

Cette recherche a montré qu’il y avait peu d’écrit sur le burn-out.

- II - Les explications et les stratégies de prévention.

Parmi les premiers théoriciens, Christina Maslash, Michaël Leiter par exemple situent les racines du burn-out dans les évolutions économiques mondiales, la technologie et les philosophies du management.

Certes les référentiels du travail social évolue au fur et à mesure que l’Etat Providence se transforme. Mais il n’est pas facile d’établir des corrélations voire des liens de causalité entre les évolutions globales de la Société et l’usure professionnelle et il existe évidemment des paramètres humains intemporels. Les travaux comparatifs menés dans cette recherche amènent inévitablement à poser des questions sur les possibilités d’action pour prévenir et réduire le burn-out au-delà du soutien psychologique et des pratiques de management.

L’écart entre les responsabilités des travailleurs sociaux et leur degré d’autonomie peut conduire au burn-out ce qui fait penser ici à d’autre recherches sur le stress au travail, (d’après l’Encyclopédie de l’Association Nationale des Travailleurs Sociaux aux USA. L’isolement, et le manque de soutien du milieu de travail peuvent incliner au burn out d’après le Pr Michel Delbrouck..

L’intensité de travail dans les services sociaux chargés de distribuer l’aide sociale publique avec des résultats contrastés selon les équipe pourrait conduire au burn-out d’après deux professeurs d’une Ecole de travail social de Lausanne .

Suite aux évolutions de l’Etat Providence les réponses montrent un durcissement général d’accès aux prestations, les travailleurs sociaux pouvant être impliqués dans les processus de contrôle de bénéficiaires. On peut relever ici, l’une des explications significative du stress et du burn-out, car il s’agit très souvent d’un écart entre les valeurs de la profession et son exercice réel.

Parmi les 9 choix que nous avons proposé aux professionnels , les premiers choix par pays des 8 qui ont répondu au questionnaire sont les suivants :
- Allemagne : conditions de travail
- Danemark : conditions de travail
- Espagne : conditions de travail et non reconnaissance
- Irlande : évolution des politiques publiques
- Italie : non reconnaissance (2 réponses) perte de sens (une réponse)
- Grande – Bretagne : manque de soutien de l’employeur
- Portugal : conditions de travail
- Suède : conditions de travail

Aussi bien au regard des écrits que des expériences de terrain, il ressort que l’usure professionnelle n’est pas une fatalité. Pour faire face au problème on parle de résilience, de hardiesse et d’empowerment ( le pouvoir d’agir individuel et collectif)

Le travail social s’adresse depuis ses fondements à la personne dans son environnement. Cette expression est employée dans différents pays , parallèlement le burn-out est un phénomène concernant la personne et son environnement. De surcroît , les théories du stress mettent aussi en évidence les interactions entre les personnes et les stimuli venant de l’extérieur. Le travail social ne détient-il pas alors une partie des remèdes à ses propres difficultés ? Les techniques utilisées dans la relation d’aide et dans le travail de groupe avec les usagers, ne peuvent-elles pas servir pour prévenir et lutter contre l’usure professionnelle ? Une des réponses à cette question dans le cadre de cette étude vient du Pr Delbrouck qui affirme que les groupes Balint crée en Europe dans la période de l’après guerre ont apporté » un soutien aux professionnels.

Afin de lutter contre le stress et le burn out , certains travailleurs sociaux proposent différentes formes de soutien à caractère psycho-social, exemple counseling, supervision individuelle et /ou collective Ainsi que des groupes de réflexion sur les pratiques professionnelles.

Une interrogation se pose autour d’une question de management des services sociaux. L’ambiance de travail, la productivité, les rapports entre les opérateurs de terrain peuvent variés de façon significative au sein d’un même secteur d’activité, voire d’une zone géographique restreinte, comment gérer et évaluer le travail sans tomber dans la bureaucratie tatillonne.

Mentionnons tout particulièrement un rapport rédigé par le Président de la FITS David N Jones , inspecteur des services sociaux en Grande-Bretagne résumant des principes de management bien connus et expérimentés susceptible de libérer les potentialités humaines.

Il est possible de reprendre une des clé de ce document, les structures offrant des services de qualité ont des rapports justes, cohérents et respectueux à la fois avec leurs équipes et les usagers .L’équipe peut-être aussi un soutien mais des conflit de personnes s’ajoutent à d’autres difficultés d’ordre professionnel.

Les résultats de la recherche montre une certaine homogénéité concernant le burn out et les travailleurs sociaux dans les pays européens.

Conclusion

Plusieurs Associations professionnelles rapportent que les travailleurs sociaux participent au processus décisionnel en vue d’élaborer des politiques locales et nationales de lutte contre la pauvreté. En Grande-Bretagne des travailleurs sociaux siègent au Parlement, au Portugal la Présidente de l’Association professionnelle est à la tête du plan national d’inclusion et le Président du système de Sécurité Sociale est également un travailleur social. En France le Président de l’Association a été entendu comme expert de la Protection de l’Enfance et le Secrétaire Général est chargé d’un rapport sur l’intervention sociale d’intérêt collectif. dans lequel il sera soucieux de penser au burn out, aux valeurs et à la déontologie et à l’Ethique du travail social..

Citons une nouvelle fois le Pr Delbrouk « éviter ou quitter le burn out amène à se positionner en tant qu’individu dans la Société ».


Résumé rédigé par Marie-Andrée Sadot et Marie-Geneviève Mounier






(1) Fédération internationale des travailleurs sociaux (IFSW)

Mardi 11 Mars 2008



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