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Une assistante sociale de la ville de Paris, voilée, refuserait de serrer la main aux hommes.


L’ANAS demande à l'assistante sociale de la ville de Paris qui porte le voile et qui refuserait de serrer la main aux hommes de faire preuve de discernement entre l’exercice de sa profession dans le cadre des missions de service public et son engagement religieux.



Une assistante sociale de la ville de Paris, voilée, refuserait de serrer la main aux hommes.
Le port de certains signes ostentatoires affirmant l’appartenance à tel ou tel groupe religieux ainsi que l’application ostentatoire de préceptes religieux sont incompatibles avec des pratiques enseignées et admises par la profession.

En effet en préambule du code de déontologie structurant la profession, il est précisé 2 points :

- Un engagement de responsabilité
« L’assistant social engage sa responsabilité à l’égard des personnes auxquelles s’adresse son activité, des règles régissant la profession, et des institutions au sein desquelles la profession est exercée. »

- La reconnaissance du cadre institutionnel dans lequel le professionnel intervient.
« L'organisation et la pratique de la profession s'inscrivent dans le cadre des institutions et de la législation en vigueur. »

en outre
« Art. 2 - De la non-discrimination
Dans ses activités, l'Assistant de Service Social met sa fonction à la disposition des personnes, quels que soient leur race, leur couleur, leur sexe, leur situation, leur nationalité, leur religion, leur opinion politique et quels que soient les sentiments que ces personnes lui inspirent. »
« Art. 8 - L'Assistant de Service Social ne peut, en aucun cas, utiliser sa fonction à des fins de propagande. »

- Le fait de porter une tenue ostentatoire affirmant des préceptes religieux.

- Le fait qui est reproché de refuser des pratiques de civilité communément admises dans la société au nom d’une certaine conception de la religion, qui plus est cette pratique marquant une différence dans l’attitude du professionnel vis à vis de la personne qu’il reçoit qu’il soit un homme ou une femme,

Ces éléments apparaissent comme un comportement qui n’est pas compatible avec l’exercice de la profession dans le cadre des missions de service public.

Rappelons enfin qu’historiquement le service social s’est détaché des références religieuses avec la mise en œuvre d’une professionnalisation dans un cadre laïc et de service public. En conséquence nous n’acceptons pas qu’une pratique religieuse ostentatoire interfère et prenne place dans les modalités d’intervention de l’assistant social.

Soucieuse de dialogue et de respect du droits des personnes, l’ANAS invite les assistants sociaux concernés par cette question à faire preuve de discernement entre des pratiques religieuses qui leur appartiendraient et
- L’environnement professionnel dans lequel ils interviennent
- Une attitude professionnelle qui s’inscrit dans le cadre des institutions et de la législation en vigueur.
- Le droit des minorités à une reconnaissance de leurs identités conformément aux recommandations du conseil de l'europe.
- Les droits de l’homme définissant les principes d’égalité, de liberté et de fraternité qui fonde notre vivre ensemble.

Nous sommes à la disposition de notre collègue mise en cause à travers les médias pour conduire avec elle cette réflexion en vue d’enrichir tous les points de vue et trouver une réponse qui tienne compte des points évoqués.

(La photo en illustration ne représente pas la personne concernée elle est simplement là pour rappeler ce que représente le port du voile islamique.)

Mardi 14 Octobre 2003



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