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L'ANAS invitée à la conférence nationale de lutte contre l'exclusion


C'est la 1ère fois que l'ANAS était invitée en tant que telle à cette conférence qui a réuni le 6 juillet dernier les représentants du monde associatif et les membres du gouvernement chargés de l'action sociale.



L'ANAS invitée à la conférence nationale de lutte contre l'exclusion
Ainsi en début de séance, la diffusion d'un film recueillant la parole des usagers a permis aux participants de constater sans que cela soit relevé la place centrale des assistant(e)s de service social et notamment la place qu'ils occupent auprès des personnes les plus en difficulté. Les professionnels sont fréquemment cités (en mal et en bien c'est selon...)

Le 1er ministre au cours de son intervention a fait référence à la nécessité de mettre en oeuvre l'accompagnement social qui tienne compte de la parole des usagers des services sociaux. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de former et de qualifier un grand nombre de bénévoles et de professionnels qui ne sont pas reconnus malgré le travail important qu'ils engagent.

Ces 2 points nous permettent de constater que les politiques valorisent aujourd'hui ce qui est enseigné dans les centres de formation depuis plus de 20 ans sans pour autant avoir semble-t-il connaissance de cette réalité.

Ils s'inscrivent dans la perspective de la mise en place de la valorisation des acquis de l'expérience (VAE) qui pourrait déstabiliser le secteur traditionnel de la formation. Jean Pierre Raffarin appelant de tous ses voeux la VAE en précisant qu'elles est une priorité, n'a pas pour autant fait cas de la place spécifique des travailleurs sociaux.

C'est pourquoi il est à craindre que l'objectif ne se limite qu'à une volonté de former rapidement des professionnels à un moindre coût.

Ni le 1er ministre, ni le ministre de l'emploi et des affaires sociales n'ont fait d'annonce spécifique malgré les nombreuses propositions élaborées par plusieurs groupes de travail.

Parmi celles ci nous retiendrons la mise en oeuvre réclamée par les associations du droit d'opposabilité pour obtenir un logement. Ce droit permettrait à toute personne ou famille de saisir un tribunal pour obtenir l'accès à un logement devant être proposé par les collectivités locales. Ce droit pourrait être mis en oeuvre selon J.L. Borloo dans un délai de 5 ans. (ce qui nous semble bien long au regard des besoins actuels).

Le ministre a confirmé l'annualisation de la conférence qui se réunira désormais régulièrement et qui permettra ainsi de mesurer les avancées engagées dans ce secteur.

Autre mesure réclamée : la mise en conformité du contrat RMA en tant que contrat de travail entrant dans le droit commun avec cotisation pour l'assedic et la retraite aux mêmes conditions que pour les contrats traditionnels. Cette réforme du RMA est là aussi à l'étude et l'on peut espérer une avancée dans ce sens.

Il a aussi été demandé la fusion de l'aide médicale Etat avec la CMU pour tous. ( mais il n'a pas été fait état de la situation des déboutés du droit d'asile malgré la demande de renforcement de leur accès aux droits).

Les acteurs de la lutte contre l'exclusion demandent somme toute la même chose que la majorité des associations professionnelles ainsi que les syndicats de salariés :

- Ils critiquent les dispositifs et leur empilement
- Ils demandent que l'on écoute les personnes et que leurs parcours soient construits avec elles
- Ils rappellent la nécessité de mettre en oeuvre l'accompagnement social inscrit dans la durée et dans le respect du temps des usagers
- Ils réclament la mise en oeuvre de l'accès aux droits fondamentaux tels l'emploi et le logement

Nous ne pouvons à l'ANAS que souscrire à ces propositions en rappelant qu'elles ne datent pas d'hier et qu'elles sont revendiquées par les professionnels depuis déjà plusieurs années.

C'est désormais dans les actes que se mesure toute réelle volonté d'agir contre l'exclusion. On ne peut d'un coté mettre en oeuvre des mesures qui excluent des pans entiers de la population ( assedic, assurance maladie...) et de l'autre défendre l'accès aux droits pour tous sans exclusive.

La main gauche de l'Etat doit aussi agir pour éviter que sa main droite ne contribue à aggraver la situation de la population la plus fragile.

Lundi 12 Juillet 2004
Dubasque