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L’ANAS écrit à Carla SARKOZY pour lui demander d’intervenir en faveur de la libération de Marina PETRELLA


L’ANAS a choisi d’écrire à Madame Carla SARKOZY afin de lui demander de faire ce qui lui est possible pour éviter que Marina PETRELLA aille vers une fin annoncée. Toutes les nouvelles qui paraissent ces derniers jours vont hélas dans ce sens.



Il ne s’agit pas de prendre position sur le fond de l’affaire, mais d’amener un élément, sa profession, qui nous parait important pour mieux comprendre qui est Marina PETRELLA aujourd’hui : Nous souhaitons en effet que soit pris en compte ce que signifie comme parcours le fait d’être devenue assistante sociale, les valeurs qu’il faut avoir adopté et les remises en cause qu’il faut avoir accepté.
Vous trouverez ci-après le texte du courrier envoyé ce jour à Madame SARKOZY et ci-jointe sa copie.



Texte du courrier

Madame SARKOZY,

Je vous écris ce jour pour une démarche tout à fait exceptionnelle : vous faire une demande concernant Marina PETRELLA.

Nous avons évoqué sa situation au sein de notre association. Nous ne connaissons pas Marina PETRELLA. Nous ne savons d'elle que ce que les médias en disent : ses actes en Italie, et ses condamnations, sa vie en France et son arrestation en 2007. Et aussi sa profession : assistante sociale depuis juin 2007.

Nous n'avons pas vocation à défendre toutes les assistantes sociales de France. Ce titre n’est pas une raison en soi pour que l’association intervienne alors que l’actualité n’a pas de lien avec la profession. Pourtant, aujourd’hui, il nous semble que dans cette situation, la profession peut donner un élément important pour lire l’histoire de cette personne. Ce que nous savons, c’est qu’elle n’est pas devenue agent immobilier ou agent administratif : elle est devenue assistante sociale.

Cela ne protège de rien : il existe des professionnels de service social qui dérivent et posent consciemment ou pas des actes inacceptables ou du moins condamnables. Mais nous savons aussi que l’on ne vient pas vers cette profession sans passer par un chemin fait de remises en causes.

Remises en causes de sa grille de compréhension du monde et de son rapport aux autres, remise en cause aussi par la complexification de la pensée des points figés, réintroduction des valeurs des droits de l’Homme dans ses conceptions et sa pratique, déontologie professionnelle et éthique… On ne fait pas impunément trois ans de formation, on ne devient pas assistante sociale sans remise en cause, parfois douloureuse, de nos modes de pensée et d’être. Et ce, quelles que soient les options politiques originelles des personnes.

Si nous vous écrivons aujourd’hui, c’est juste pour vous dire cela : l’engagement dans cette profession nous semble signer de la plus forte manière qui soit le retour parmi les hommes et le respect du genre humain de Marina PETRELLA. Un retour sans doute engagé depuis longtemps.
Je ne sais pas si vous avez un rôle à jouer dans cette affaire. Je ne sais pas non plus si vous avez une marge de manœuvre qui peut permettre d’éviter d’ajouter de la violence à celle déjà présente dans cette trop lourde histoire. Simplement, si c’est le cas, auprès des autorités de France ou d’Italie, nous espérons que vous pourrez agir avec humanité pour qu'une nouvelle souffrance ne s'ajoute pas à une histoire qui en comporte déjà trop.

Je vous prie d’agréer, Madame SARKOZY, l’expression de mes respectueuses salutations.


Pour le Conseil d'Administration de l'ANAS
Son président
Laurent PUECH


Samedi 12 Juillet 2008
Didier Dubasque