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II était une fois… un travailleur social : Barack OBAMA, 44ème Président des Etats Unis d'Amérique


Au cœur de cette incroyable histoire, un facteur décisif : le social comme fondement et comme perspective d'un itinéraire hors du commun.



II était une fois… un travailleur social : Barack OBAMA, 44ème Président des Etats Unis d'Amérique
(extrait du journal de l’action sociale. Nov 2008)

Tout mène au social

Cet idéal fraternel, il le construit depuis son enfance grâce à sa mère qui lui transmet ses valeurs, modelées durant la période des droits civiques : tolérance, égalité, combat pour les défavorisés. Des valeurs qu'il va développer dès la fin de ses études lors d'une période qui va changer sa vie.
Pour rembourser son prêt étudiant, il travaille dans un cabinet juridique : un bureau, un salaire confortable, son avenir semble tracé. Mais très vite, il a des doutes, il souhaite passer à autre chose : "je craignais d'avoir renoncé aux idéaux de ma jeunesse, d'avoir passé un compromis avec les dures réalités de l'argent et du pouvoir, le monde tel qu'il est et non tel qu'il devrait être". C'est à 25 ans, à Chicago, qu'il fait une rencontre qui va bouleverser sa vie en la personne de Jerry Kellman, un animateur social chrétien. Il devient son adjoint dans l'aide aux laissés pour compte au sein de South Side et de ses quartiers dévastés par la crise des années 1980. Ce qui au départ n'est qu'une mission va vite devenir un métier à plein-temps: il est recruté par le projet de développement communautaire (Developing Communities project) en tant qu'animateur social, pour créer des réseaux de solidarité et de formation en travaillant dans les communautés de quartier, en lien étroit avec les églises. Jusqu'en 1987, il parcourt South Side défendant les intérêts des rési¬dents pour obtenir le désamiantage des logements sociaux, l'ouverture de bureaux d'embauche ou pour lutter contre la délinquance des jeunes. Il met en place des formations pour faciliter la réinsertion des chômeurs, Chicago venant de vivre un processus massif de désindustrialisation. "Ce travail m'a conduit dans le quartiers les plus pauvres de Chicago et, dans ces quartiers, j'ai reçu le meilleur enseignement de ma vie", avouera-il plus tard. Selon le révérend Alvin Love avec qui il a travaillé, cette période "l'a profondément marqué et a vraiment changé sa manière d'appréhender le problèmes du monde. Et il a eu à son tour un véritable effet sur la communauté parce que ça a poussé un grand nombre d'entre nous à s'emparer de sujets que pour la plupart, avant l'arrivée de Barack, nous laissions aux mains des politiques" .

Mais, après trois ans passés dans le South Sid, Obama réalise que même en travaillant toute sa vie comme animateur social, il sera toujours confronté aux mêmes obstacles. C'est la raison pour laquelle il commence des études (droit à Harvard, qu'il réussit brillamment) et qui lui ouvre toutes les portes des grands cabinets d'avocats. Pourtant, il retourne da l'Illinois pour intégrer comme avocat dans un cabinet juridique spécialisé dans la défense des victimes de discriminations. "Barack a compris pendant ses années de travailleur social qu'il pourrait, en tant qu'avocat, être plus efficace", se souvient Judson Miner, un des associés du cabinet. A cette même époque, avec un petit groupe de militants pour les droits de l'homme, il donne aussi des cours d'éducation civique dans les quartiers les plus déshérités. Obama dira plus tard : "ce que je sais, je l'ai appris au contact des gens".

Le social mène à tout

Mais cette soif de changement ne pouvait être épanchée dans la seule défense du droit. En 1996, Barack Obama, qui a 35 ans, se lance alors en politique et brigue le Sénat local d'Illinois où il est élu la même année. Et il est très vite remarqué, comme le rappelle John Bouman, directeur du Center of Poverty Law : "son métier d'animateur social lui a permis de bien comprendre les réseaux de pouvoir". Et Lisa Brock, militante et professeur d'histoire africaine au Columbia Collège, d'ajouter : "il avait compris qu'il faut multiplier les contacts pour avancer". Lorsque les démocrates reprennent la majorité au Sénat local, on le nomme président de la Commission de santé publique et des services sociaux. Il appuie alors la législation pour l'ex-tension de la couverture médicale aux plus pauvres, fait augmenter les fonds destinés à la lutte contre le sida, soutient la cause homosexuelle. En 2004, il entre sur la scène nationale en devenant le cinquième Afro-Américain élu au Sénat des États-Unis. Il est alors prêt à affronter le plus périlleux des défis, celui de la candidature suprême, qu'il remporte le 4 novembre 2008.




Lundi 1 Décembre 2008
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